🇫🇷MORLAIX
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 12 février 2026
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Sous l’Occupation allemande (1940-1944), Morlaix, ville stratégique du Finistère, est occupée dès l’été 1940 en raison de son port, de sa gare et de son viaduc ferroviaire. Les Allemands y installent des troupes, réquisitionnent logements et ressources, et intègrent la région au dispositif du Mur de l’Atlantique. La population subit pénuries, contrôles et le STO à partir de 1943. Une résistance active s’organise (sabotages, renseignement), entraînant arrestations et répression. La ville est touchée par des bombardements alliés visant les infrastructures de transport avant d’être libérée à l’été 1944 par les forces américaines.
Date de la Commémoration : Morlaix est libéré le 8 août 1944 par les résistants et les troupes américaines venues des Côtes-du-Nord en passant par Le Ponthou où des maquisards avaient mitraillé des troupes allemandes les 4 et 5 août 1944
Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : Si vous regardez le haut du viaduc vous apercevrez la trace du bombardement anglais le 29 janvier 1943.
Randonnée :
Secteur de Morlaix
Pendant les premières années de l'occupation allemande les petits ports de l'arrondissement de Morlaix virent de très nombreux départs de jeunes gens qui allaient grossirent les rangs des F.F.L. et des F.N.F.L. en Angleterre.
Parallèlement, Ben-an-Fry en Guimaëc fut le théâtre de fréquents embarquements et débarquements personnalités de la Résistance, de ou de l'évasion d'aviateurs alliés abattus au-dessus de la Bretagne et heureusement rescapés puis récupérés par les réseaux.
C'est en 1942 que la Résistance commença véritablement à s'organiser et quelques mois avant le débarquement allié en Normandie, deux mouvements étaient déjà bien structurés :
- les Francs Tireurs et Partisans français avec le groupe «JUSTICE», qui fut malheureusement presque anéanti dans les premiers mois de 1944 ;
- et :
- «LIBERATION-NORD» sous le commandement du Commandant NOEL (Dr. Léon Le Jaune) et du Commandant MERLIN (Alexandre Marzin).
Quant au mouvement «LIBERATION-NORD», un petit groupe dit d'«Action Directe» constituait un premier maquis dans la région Plourin-Le Cloître.
C'est ce groupe qui organisera, conjointement avec le maquis F.T.P. de Tremel (Côtes-du-Nord), et la mission Jedburgh «Hilary » du Capitaine Marchand, le parachutage d'armes d'Encremer fin juillet 1944, à la suite duquel fut créé le maquis de Saint-Laurent sur la rive gauche du Douton, près de Plouégat-Guerrand.
Dans les premiers jours d'août, le maquis F.T.P. de Guerlesquin se battit sur la Nationale 12 contre les Allemands en retraite vers Brest.
De leur côté, les Francs-Tireurs de Tremel libéraient Plestin-les-Grèves et Locquirec.
Le maquis Libération-Nord de Saint-Laurent, après avoir reçu le renfort d'une unité de parachutistes français du 2º S.A.S., commandée par un enfant du pays, Paul Quélen, combattit à Plougasnou, St-Jean-du-Doigt où furent réduites les dernières casemates allemandes, au Ponthou, à Lanmeur, etc.
Parachutistes et maquisards s'emparèrent de l'aérodrome de Morlaix-Ploujean puis sauvèrent le viaduc de Morlaix de la destruction.
Les derniers éléments de l'armée allemande qui tenaient encore Morlaix résistèrent quelques heures, le 8 août 1944, aux forces américaines qui par la Nationale 12 avançaient vers Brest. La Résistance participa à ces combats.
Le 9 août, des unités allemandes qui cherchaient, depuis le canton de Lanmeur, à se frayer un chemin sur Brest en contournant Morlaix par l'Est et le Sud, furent détruites par l'aviation alliée après avoir été attaquées par les maquisards de Saint-Laurent.
Le même jour les parachutistes et les résistants libéraient Carantec.
Marcel LE JEUNE,
Membre du Comité Directeur
du C.V.R. du Finistère.
F.F.l. - Arrondissement de Morlaix
3° BATAILLON «BIR HAKEIM»
1°° Compagnie
Compte-rendu
Dans la nuit du 2 au 3 juin 1944, un parachutage de trois tonnes d'armes, destiné au mouvement de résistance «Libération», eut lieu à l'endroit dit «Roudou-Du» en Berrien (Finistère).
Le 3, à la suite de circonstances douteuses, les Allemands, après une fouille minutieuse de la région trouvèrent les armes.
Le soir, une personne de la région nous apprend que les Allemands ont quitté les lieux sans rien emporter. Aussitôt le Chef militaire régional F.T.P. décide une expédition avec un groupe F.T.P. de la région. Mais les boches étaient revenus et en arrivant sur le terrain, le groupe est reçu avec des rafales de mitraillettes par une quinzaine d’Allemands.
L'ex-Sous-Lieutenant François Grall est blessé au genou et au bras.
Complètement démuni d'armes, le groupe ne peut engager le combat et se retire. François Grall, malgré ses deux blessures, suit ses camarades. Le Lendemain, soigné par Madame Brenniel, Doctoresse au Huelgoat.
A Pleyber-Christ le 15 septembre 1945,
le Lieutenant LE BRIS, adjoint au Capitaine Kerdoncuff,
commandant le 3º Bataillon Bir-Hakeim.
BATAILLON «BIR-HAKEIM»
Compagnie «Bir-Hakeim»
103 hommes - P.C. : Pleyber-Christ
SECTEUR :
Berrien - Scrignac - La Feuillée - Poullaouen - Plouyé - Collorec - Saint-Herbot - Huelgoat.
ORIGINE :
Un groupe «Jacq» de 8 hommes.
ACTIONS:
Sabotage de la ligne H.T. Saint-Herbot-Morlaix en décembre 1943 et à Huelgoat en janvier 1944.
Décembre 1943 : attaque de camions allemands à La Feuillée.
Création de nouveaux détachements :
«Stalingrad» à Berrien ;
«République» à Brennilis-La Feuillée ;
«Jaurès» à Scrignac.
Des armes sont récupérées chez des particuliers et sur des soldats allemands à Poullaouen et La Feuillée d'août 1943 à février 1944.
17-7-1944 : parachutage : réception de 6 tonnes d'armes et de munitions.
Sabotage des lignes électriques ; attaque et mise hors de combat de soldats et officiers ennemis dont un S.S.
Déraillement d'un train allemand au Cloître-St-Thégonnec, le 10 avril 1944.
Le 4 août : la Compagnie est attaquée par les forces allemandes très supérieures en nombre et en armement; le chef de la section «Valmy», GUERN Jean, a tenu l'ennemi en respect sous le feu de son F.M. pendant 3/4 d'heure, assurant le repli en bon ordre de la Compagnie.
Bilan du combat :
Compagnie «Bir-Hakeim» : 1 seul blessé ;
Allemands : 15 tués; nombreux blessés.
Le 3-8 : accrochage de Plougonven à Kerléoret (2 Allemands tués).
Le 4 : à Kerseach en Scrignac (2 Allemands tués).
Le 5 : combat à Poullaouen (17 Allemands hors de combat).
Le 6 : 22 prisonniers au bois de la Haye (et, en coopération avec les blindés américains, combat pour réduire les nids de mitrailleuses ennemies sur la montagne de Botmeur).
Le 7 : 2 prisonniers à Berrien.
Le 8 : 3 prisonniers à Huelgoat.
L'état d'esprit est excellent : tous demandent de passer à l'action.
Signé :
le Commissaire aux Effectifs (C.E.)
EDOUARD 9.
(Rapport de 1944).
BATAILLON «BIR-HAKEIM»
Compagnie «Léningrad»
Chet de Compagnie : P. LACHUER
C.E. : J. MESSAGER - C.T. : LE MER
Renseignements : CRENN
ORIGINE DE LA COMPAGNIE :
De jeunes éléments organisés dès 1940 et surtout à partir de 1942 dans les communes de Plounéour-Ménez, Le Relecq, Loc-Eguiner et Saint-Thegonnec, regroupés en août 1944 sous la responsabilité de Pierre LACHUER dans la forêt de Coatlosquet.
ACTIONS:
(souvent limitées faute d'armes en quantité suffisante).
- Propagande - recrutement - résistance aux réquisitions allemandes et de Vichy.
- Organisation et impulsion de manifestations paysannes (dès 1943).
Récupération d'armes et de munitions dès mai 1944 à l'intérieur du dépôt allemand de Coatlosquet.
Août 1944 : harcèlement de l'ennemi au lieudit «Oise» (Le Relecq).
Aide aux blindés américains;
Nettoyage des bois et de la Montagne d’Arrée.
Rapport de P. LACHUER - 1944.
BATAILLON «BIR-HAKEIM»
Compagnie «Le Baut»
ORIGINE :
André LANC et des camarades de Morlaix ont pris contact, en 1942, avec un ouvrier de l'arsenal de Brest, Pierre CORRE (qui sera pris et fusillé à Marseille).
Le groupe sabote du matériel allemand.
Le groupe des frères LE LUC, repéré par la Gestapo, en partie démantelé, gagne le maquis du Pont de Pénity entre Collorec et Landeleau, puis est pris en charge au maquis de Berrien par la Compagnie
«Bir-Hakeim».
COMBATS DE LA LIBERATION :
Lors de l'avance américaine, les Allemands occupent les hauteurs ceinturant le maquis. Le soir du 6 août, l'attaque est menée par un détachement de la Compagnie «Bir-Hakeim«» et 10 hommes de la Compagnie «Le Baut»; les Résistants se replient sur Poullaouen où ils rejoignent la Compagnie «Corentin Cochennec», puis la Compagnie «Barbusse» dans le bois du Fréau à 3 km du bourg.
Ils entrent à Poullaouen en coopération avec les chars U.S., procèdent au nettoyage du secteur et à la protection des lieux et de la population, rendent les honneurs aux victimes civiles et combattants les nazis, et pénètrent au Huelgoat grimpés sur les véhicules américains.
1944 : Rapport du Chef de Compagnie :
André LANC.
F.F.I. Finistère
6° Bataillon - 3 Région
Le P.C. du 6* Bataillon se trouve au bar «BREIZ-IZEL», à PLEYBER-CHRIST.
Chef de Bataillon : KERDONCUFF Jean (YVES 100).
Le Bataillon se compose de 4 Compagnies :
- Compagnie «BIR-HAKEIM» 103 hommes (aucun habillé - 80 armés)
- Compagnie «LENINGRAD» 75 hommes (aucun habillé - 40 armés)
- Compagnie «COCHENNEC» 103 hommes (aucun habillé - tous armés)
- Compagnie «LE BAUT» 56 hommes (aucun habillé - tous armés)
Qualité de l'Armement : satisfaisant dans l'ensemble.
Copie conforme : Commandant ANDRE.
A Quimper, le 21-9-1944.
F.F.I. (Finistère)
6° BATAILLON
COMPAGNIE «BIR-HAKEIM»
Rapport sur l'attaque de notre maquis le 4 août 1944 au bois de Lestrézec à BERRIEN
Le matin, vers 10 heures, deux paysans viennent nous prévenir au P.C. que l'ennemi prend position sur les deux côtés de la route de MORLAIX, face au village de Mondy et au village de Kerseach, à environ 2 km à l'ouest et au nord du maquis.
Aussitôt un groupe de la section «spéciale» est envoyé en reconnaissance.
Vers 11 heures, le groupe prend contact avec l'ennemi à Kerseach. Un engagement bref mais très vif en résulte. Deux soldats ennemis sont tués d'autres sont certainement blessés. L'ennemi revenu de sa surprise se reprend et force les nôtres à se replier.
Vers 12 heures, le groupe rentre au maquis. Un de nos gars est tué : Paul MEVEL domicilié à St-Pol-de-Léon.
Vers 15 heures, les sentinelles de la section Valmy en position au village de Lestrézec au sud du bois, aperçoivent des soldats ennemis à 500 ou 600 mètres du maquis examinant le bois.
Après avoir placé leurs pièces, ils descendent la colline par groupes de 4 ou 5 hommes. Entre temps, le P.C. est prévenu, toutes les dispositions pour la défense sont prises.
Lorsque l'ennemi ne se trouvait plus qu'à une distance de 200 m le premier groupe de la section Valmy ouvre le feu avec son fusil-mitrailleur et ses fusils ; 3 Boches tombent immédiatement. L'ennemi se camoufle aussitôt pendant que les mitrailleuses ouvrent le feu.
Notre tireur après avoir repéré les mitrailleuses ennemies fait feu de nouveau. Les armes automatiques ennemies se taisent. Aussitôt leurs servants, abandonnant leurs pièces, se sauvent à travers un champ de blé où ils sont pris de nouveau sous le feu de notre fusil-mitrailleur.
Ne se voyant pas en forme, l'ennemi remonte la colline.
10 minutes après il revient avec du renfort, mais le tir de notre fusil-mitrailleur les oblige à se replier une seconde fois. Ils reviennent une troisième fois, en force, à l'assaut et réussissent à atteindre le village de Lestrézec. Voyant son groupe menacé d'encerclement, le chef de groupe décide de se replier vers le bois. Il exécute son repli en emportant armes et munitions.
Pendant ce temps, le 2e groupe de la section Valmy, en position à Roc'hilliec entrait aussitôt en contact avec l'ennemi. En se repliant le premier groupe voulut leur porter secours, mais la route était coupée, les Boches étant dans le bois.
Dès le début de l'engagement à Roc'hilliec, le fusil-mitrailleur du second groupe de la section Valmy abat 4 Boches et trois autres sont abattus au fusil.
La section D'ORNANO monta en renfort au deuxième groupe de la section Valmy. Louis TEURNIER soldat du premier groupe de cette section est blessé aussitôt. Il reçoit une balle qui explose dans sa cartouchière provoquant une déchirure au côté. L'ennemi grâce à sa supériorité numérique (200 environ) continue d'avancer. Vers 5 heures, un autre détachement de soldats ennemis est signalé au rocher du CRAGOU venant en direction du maquis. Devant la menace d'encerclement qui se précise, le P.C. donne l'ordre aux sections D'ORNANO et Valmy de décrocher. En transmettant cet ordre, l'agent de liaison Pierre QUEMENER abat aussi un Boche.
A 5 heures 1/4 toute la Compagnie, en bon ordre, est repliée.
D'après les renseignements qui nous sont parvenus ultérieurement l'ennemi a eu 27 tués. Un seul de nos hommes a été blessé.
Le chef du premier groupe de la section Valmy, Jean GUERN, s'est particulièrement distingué. Avec le feu unique de son fusil-mitrailleur il a tenu l'ennemi en respect pendant 3/4 d’heure.
En représailles l'ennemi a incendié 4 fermes au village de Lestrézec.
A PLEYBER-CHRIST, le 25 août 1944.
Copie conforme : Commandant ANDRE.
Quimper, le 21 septembre 1944.
Le C.E. de la Compagnie
BIR-HAKEIM.
Compagnie «COCHENNEC»
Rapport particulier pour la Section Spéciale.
Le 10 août, la Section a été détachée de la Compagnie et dirigée d'Huelgoat sur Saint-Thégonnec, avec mission d'effectuer des patrouilles et des reconnaissances dans cette région.
Le 10, dans la soirée, la Section a réussi au cours d'une patrouille à repérer un groupe d'ennemis. Après une reconnaissance minutieuse, le gros des Sections Spéciales F.F.I.-F.T.P.F. a réussi à approcher le groupe d'Allemands et, profitant de l'effet de surprise, contraint à se rendre.
Nombre de prisonniers, 6, dirigés sur St-Thégonnec.
Le 12, la «S.S.» reçoit l'ordre de rejoindre la Compagnie cantonnée à Pleyben.
Le 9 août, Spada (Rolland Grall),demeurant a Huelgoat rue des Cendres, de la Section Spéciale s’est proposé pour servir de guide aux premiers blindés américains de passage à Huelgoat.
Dans la région de Plounéour-Ménez, la colonne américaine a été attaquée par l'ennemi. Toute la colonne s'est trouvée prise dans un feu nourri. Les Allemands attaquent à la grenade. Le soldat Spada réussit à reprendre une grenade lancée sur son groupe de moins de quinze mètres. Elle éclate dans sa main et il est mortellement blessé.
Ses dernières paroles furent : «Je suis content de moi, je meurs en bon Français».
Le Commandant de Compagnie :
Xavier 333.
Compagnie «COCHENNEC» :
Kerlosion - Kergaradec - Kéravéo - Kérampochet
10 heures : Ai désigné deux groupes prêts à se mettre en marche sur Plomodiern. Au carrefour de Ploéven, les Allemands arrivaient sur Ploéven. Un F.M. en batterie à Kerlosion.
2 heures de bagarre à Ploéven (3 Allemands tués).
Surpris, manque 3e Section.
Le 18-8-1944.
COMPAGNIE
«CORENTIN COCHENNEC»
Ayant reçu l'ordre de me présenter au P.C. du Plessis, près de Laz, je me suis acheminé à bicyclette vers cette direction, le 3 août au soir.
Le 4, au matin, l'ordre général d'attaque ayant été donné, la circulation sur les routes principales devient très difficile, je dois traverser des régions où se livrent des combats entre convois allemands - se dirigeant vers l'Est — et des patriotes. Je réussis à rejoindre le P.C. à 15 heures.
Des ordres précis me sont donnés (zone d'action pour chaque section), de la compagnie «Corentin Cochennec».
Le retour est de nouveau très difficile, des combats se livrent aux environs de Landeleau-Châteauneuf-du-Faou. Je parviens à regagner «Kerlouet» en Scrignac, où se trouvait cantonnée la compagnie, le 5 août, au matin.
La compagnie s'est déplacée la veille, sur ordre. Il m'est impossible de connaître la direction dans laquelle elle s'est repliée.
Toute la journée du 5, j'effectue des recherches, qui demeurent vaines.
Le 6, je fais transporter à la Croix-Rouge américaine, stationnée à «Kermeurs», un blessé qui avait été recueilli par la compagnie.
Le 7 août, sur renseignements, je parviens à rejoindre la compagnie, qui a reçu l'ordre de se mettre en position, en bordure de la route nationale entre Poullaouen et Locmaria.
Le lendemain, 8, elle entre à Huelgoat, elle y cantonne et le soir même reçoit l'ordre d'occuper le «Vieux Tronc», la «Croix Neuve», avec mission de surveiller les routes de ce secteur, permettant l'accès vers Huelgoat. La Section spéciale a reçu pour mission : de patrouiller dans cette région.
Le 8, la S.S. est dirigée sur Saint-Thégonnec.
XAVIER 333,
Commandant la Compagnie
«Corentin Cochennec».
COMPAGNIE
«CORENTIN COCHENNEC»
Première SECTION
La première Section, armée le 20 juillet au bois de Lestrezec, faisant en ce moment partie de la compagnie Bir-Hakeim versée suivant les instructions à la Compagnie Corentin Cochennec qui se trouvait en formation au village de «Kerlouet» en Scrignac. Là, nous avons cantonné jusqu'à la formation complète de la Compagnie, c'est-à-dire, jusqu'au 4 août, sans alerte. Le 3 août au matin, les boches nous sont signalés dans les parages de «Kermeur» (secteur nord). Nous sommes restés toute la journée au Poste de Combat, mais rien à signaler.
Le 4 août au matin, la section S.S. (Section Spéciale F.F.I.-F.T.P.F.) nous signale l'arrivée d'une colonne de boches sur la route de Morlaix-Carhaix et qui se prépare à cantonner dans notre secteur. Dans l'après-midi, on nous signale que la Compagnie Bir-Hakeim, qui cantonnait dans le bois de Lestrezec à 3 km de nous, est attaquée par une grosse formation. Notre Compagnie a aussitôt levé le camp pour aller à l'aide de Bir-Hakeim. Mais arrivés dans les rochers qui dominent leur secteur menacé, nous avons rencontré la Compagnie Bir-Hakeim qui s'était repliée sur ce même secteur.
Dans la nuit du 4 au 5 août, les deux Compagnies se sont déplacées de concert sur l'ordre des chefs dans la direction du bois de Lémézec.
Dans l'après-midi du 5, on nous signale des tanks américains se dirigeant sur Huelgoat.
En ce moment la Compagnie se dirigeait sur la gare de Loc-Maria.
Dans la nuit du 5 au 6, nous avons cantonné dans un village situé à 500 m. de la gare. Le 6 au matin, nous avons reçu l'ordre de marcher sur la ville d'Huelgoat ; rentré dans la ville vers les 10 heures et demie du matin. Patrouille dans la journée.
Le 7, nous prenons poste sur la route Romaine, secteur, village de «Pem-Ménez». Nous avons poussé quelques reconnaissances dans les parages, mais rien à signaler.
Huelgoat, le 9 août 1944.
Le chef de section Fléarre,
Chef du groupe Hervé
et du groupe François.
COMPAGNIE
«CORENTIN COCHENNEC:
RAPPORT JOURNALIER DU 12 AOUT 1944
La Compagnie se déplace le 10 d'Huelgoat et vient cantonner le soir à Pleyben ; elle prend position avec mission de surveiller la route de Châteaulin.
Le 11 et le 12, la Section spéciale effectue des patrouilles et des reconnaissances.
Le 12, le Chef de Section «Milan 336» et un groupe de S.S. effectuent une reconnaissance dans la région de Châteaulin-Port-Launay et apprennent que les troupes allemandes se replient dans région d’Argol.
Les renseignements recueillis ne permettent pas d'évaluer l'importance de ces troupes.
Le Commandant de Compagnie :
XAVIER 333.
