🇫🇷LANDERNEAU,
divers évènements de la 2e Guerre Mondiale
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 5 août 2024 / mise à jour mars 2026
SOURCE : https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/guerre-39-45/pres-de-80-ans-apres-sa-mort-raymond-protat-resistant-de-landernau-et-deporte-sort-de-loubli-563fece6-7689-11ef-a1b1-27949002d4f5
Ci dessous : cliquez sur le dossier pour le télécharger.
Plaque à gauche : Photo Laurent Guélard
Une nouvelle plaque, en l’honneur de dix résistants locaux de la Seconde Guerre mondiale, a été inaugurée samedi 24 août 2024, au début de la rue des Déportés, à Landerneau (Finistère).
Source : https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/guerre-39-45/pres-de-80-ans-apres-sa-mort-raymond-protat-resistant-de-landernau-et-deporte-sort-de-loubli-563fece6-7689-11ef-a1b1-27949002d4f5
Près de 80 ans après sa mort, Raymond Protat, résistant de Landerneau et déporté, sort de l’oubli
En cette année anniversaire des 80 ans de la Libération, une plaque en l’honneur de dix résistants locaux de la Seconde Guerre mondiale, a été inaugurée rue des Déportés, à Landerneau (Finistère). Parmi eux, Raymond Protat, dont l’histoire n’avait jamais été mise au jour.
Près de 80 ans après sa mort, Raymond Protat, résistant de Landerneau et déporté, sort de l’oubli
En cette année anniversaire des 80 ans de la Libération, une plaque en l’honneur de dix résistants locaux de la Seconde Guerre mondiale, a été inaugurée rue des Déportés, à Landerneau (Finistère). Parmi eux, Raymond Protat, dont l’histoire n’avait jamais été mise au jour.
Qui était Raymond Protat ? Ce nom, gravé depuis des années dans la rue des Déportés à Landerneau (Finistère), n’avait jusqu’à aujourd’hui, ni histoire, ni visage. Aucun article de presse, pas d’écrit connu sur son parcours.
Jusqu’en 2024. Le Souvenir français de Landerneau a souhaité réunir, sur une seule plaque, avec une biographie associée, les dix noms de victimes de la barbarie nazie éparpillés entre la rue des Déportés et la rue de la Libération, afin de les faire connaître. « J’ai voulu faire parler ces patronymes, c’est celui de Raymond Protat qui m’a demandé le plus de travail. Je suis parti de rien. J’ai dû mener l’enquête », raconte Jean-Paul Page, vice-président du comité du Souvenir français de Landerneau.
« Il n’y avait qu’un autre Protat à Landerneau »
Pour ce faire, il a cherché sa tombe, contacté la mairie, en vain. « Du coup, j’ai cherché son nom de famille dans le bottin. C’est comme ça que j’ai retrouvé son cousin, il n’y avait qu’un autre Protat à Landerneau », poursuit Jean-Paul Page. Avec ce cousin, René, « le rapport était difficile, il était âgé et s’exprimait difficilement ». Il réussit néanmoins à avoir un autre contact, celui de Bertrand, le neveu de Raymond, qui habite Plounéventer.
Lire aussi : Une nouvelle plaque en mémoire de 10 résistants, à Landerneau
« Son frère n’en parlait jamais, il avait un blocage »
Bertrand et sa femme Jacqueline, passionnée de généalogie, ont un trésor dans leur maison. Un dossier complet sur Raymond, retrouvé par hasard deux ans plus tôt, suite au décès du frère de Raymond, Pierre. « On savait que Raymond avait été déporté mais son frère n’en parlait jamais, il avait un blocage. À sa mort, on a dû déménager ses affaires et on a été très surpris de découvrir des photos, des courriers, des poèmes… », commente Bertrand Keryel.
Dans ces documents, le portrait de Raymond se dessine. Né en 1920, il vivait à Nouvoitou (Ille-et-Vilaine) et est arrivé à Landerneau à 10 ans. « Ma grand-mère souffrait des poumons, ils devaient se rapprocher de la mer pour la soigner », détaille Bertrand.
Sous-marinier, il rejoint la résistance en 1943. L’un de ses poèmes décrit son refus de la soumission à l’Allemagne. « Il participe à des actions de renseignements, de sabotage et d’enlèvements d’armes dans les dépôts allemands », explique sa biographie.
Arrêté pour un contrôle pendant un couvre-feu
Il est arrêté pour un contrôle avec son frère et son cousin à Landerneau en 1944, alors que le trio va chercher de l’eau. C’est le couvre-feu, ils n’ont pas le droit de sortir. « René et Pierre, mineurs, ont passé 40 jours en détention. Mais Raymond était majeur et avait une arme sur lui. Ils ne se sont jamais revus », retrace Jacqueline Keryel.
Raymond Protat est déporté le 14 mai 1944 à Buchenwald (Allemagne) puis transféré au camp de Dora. Affaibli, il décède le 31 mars 1945. « Son corps n’a jamais été rendu à la famille », déplore Jean-Paul Page.
Après sa mort, son père constitue un dossier pour lui rendre les honneurs, et le défunt est décoré à titre posthume de la croix de guerre et la médaille de la Résistance. « C’était un homme de terrain, quelqu’un de clairvoyant sur la guerre. S’il avait dû faire face à l’ennemi, il l’aurait fait. Avec lucidité », conclut son neveu.
Jusqu’en 2024. Le Souvenir français de Landerneau a souhaité réunir, sur une seule plaque, avec une biographie associée, les dix noms de victimes de la barbarie nazie éparpillés entre la rue des Déportés et la rue de la Libération, afin de les faire connaître. « J’ai voulu faire parler ces patronymes, c’est celui de Raymond Protat qui m’a demandé le plus de travail. Je suis parti de rien. J’ai dû mener l’enquête », raconte Jean-Paul Page, vice-président du comité du Souvenir français de Landerneau.
« Il n’y avait qu’un autre Protat à Landerneau »
Pour ce faire, il a cherché sa tombe, contacté la mairie, en vain. « Du coup, j’ai cherché son nom de famille dans le bottin. C’est comme ça que j’ai retrouvé son cousin, il n’y avait qu’un autre Protat à Landerneau », poursuit Jean-Paul Page. Avec ce cousin, René, « le rapport était difficile, il était âgé et s’exprimait difficilement ». Il réussit néanmoins à avoir un autre contact, celui de Bertrand, le neveu de Raymond, qui habite Plounéventer.
Lire aussi : Une nouvelle plaque en mémoire de 10 résistants, à Landerneau
« Son frère n’en parlait jamais, il avait un blocage »
Bertrand et sa femme Jacqueline, passionnée de généalogie, ont un trésor dans leur maison. Un dossier complet sur Raymond, retrouvé par hasard deux ans plus tôt, suite au décès du frère de Raymond, Pierre. « On savait que Raymond avait été déporté mais son frère n’en parlait jamais, il avait un blocage. À sa mort, on a dû déménager ses affaires et on a été très surpris de découvrir des photos, des courriers, des poèmes… », commente Bertrand Keryel.
Dans ces documents, le portrait de Raymond se dessine. Né en 1920, il vivait à Nouvoitou (Ille-et-Vilaine) et est arrivé à Landerneau à 10 ans. « Ma grand-mère souffrait des poumons, ils devaient se rapprocher de la mer pour la soigner », détaille Bertrand.
Sous-marinier, il rejoint la résistance en 1943. L’un de ses poèmes décrit son refus de la soumission à l’Allemagne. « Il participe à des actions de renseignements, de sabotage et d’enlèvements d’armes dans les dépôts allemands », explique sa biographie.
Arrêté pour un contrôle pendant un couvre-feu
Il est arrêté pour un contrôle avec son frère et son cousin à Landerneau en 1944, alors que le trio va chercher de l’eau. C’est le couvre-feu, ils n’ont pas le droit de sortir. « René et Pierre, mineurs, ont passé 40 jours en détention. Mais Raymond était majeur et avait une arme sur lui. Ils ne se sont jamais revus », retrace Jacqueline Keryel.
Raymond Protat est déporté le 14 mai 1944 à Buchenwald (Allemagne) puis transféré au camp de Dora. Affaibli, il décède le 31 mars 1945. « Son corps n’a jamais été rendu à la famille », déplore Jean-Paul Page.
Après sa mort, son père constitue un dossier pour lui rendre les honneurs, et le défunt est décoré à titre posthume de la croix de guerre et la médaille de la Résistance. « C’était un homme de terrain, quelqu’un de clairvoyant sur la guerre. S’il avait dû faire face à l’ennemi, il l’aurait fait. Avec lucidité », conclut son neveu.
A gauche : Poème Raymond Protat, résistant de Landerneau
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