PÔLE JEAN MOULIN

"Nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la Résistance et ses idéaux" Stéphane HESSEL



Joseph Le Borgne
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 2 août 2020


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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Membre du réseau Johnny
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(LE) BORGNE Joseph, né le 22 novembre 1913 à (
Carhaix) Audierne, marié, guichetier à la SNCF à Carhaix, membre du réseau Johnny, fusillé le 24 juillet 1942 : il avait 29 ans .

Fils de Joseph Borgne, chef de dépôt à la gare de Carhaix, et de Louise Coatsaliou, ménagère, Joseph Borgne commença sa vie professionnelle dans un entrepôt de vêtements. Puis il devint guichetier, facteur aux écritures et en charge des expéditions à la gare de Carhaix. Dès le début de l'occupation allemande, il participa à des actions de résistance en entrant dans le réseau "Johnny" spécialisé dans le renseignement et les émissions radio, réseau dont il fut agent P1 à compter d’octobre 1940, puis P2 à partir de septembre 1941.

Le 9 septembre 1941, Joseph Le Borgne était arrêté par les Allemands, dans le café tenu par sa belle-soeur, ce alors que Jean Lamandé, le radio du réseau, était en train d'émettre vers Londres dans l’appartement de Joseph, situé au deuxième étage de l'immeuble où se trouvait le café. Le poste émetteur était découvert.

Joseph Le Borgne, sa femme, et le radio Jean Lamandé étaient incarcérés à Guingamp. puis à Angers. Joseph Le Borgne et Jean Lamandé étaient transférés, le 20 décembre à la prison de Fresnes. Jean Lamandé réussissait à s'évader.
Le 16 juillet 1942, Joseph fut condamné à mort pour « espionnage» par le tribunal militaire de la Feldkommandantur du Gross Paris. Il déposa un recours en grâce qui fut rejeté. Lors de son exécution, le 24 juillet 1942, il refusa d’avoir les yeux bandés.

Dans une dernière lettre, adressée à ses parents et frères et sœurs, il avait écrit ces mots : « Au revoir tous mes très chers. Je pars sans un regret sans une larme en bon Français et en bon Chrétien ».
Une rue de Carhaix porte son nom.

D’après la notice établie par Julien Lucchini dans le Dictionnaire biographique Maitron


Joseph Le Borgne, résistant, fusillé en 1942

L'histoire

« Joseph Le Borgne est né à Audierne en 1913. Ses parents ont séjourné à Carhaix plusieurs années, son père étant chef de dépôt à la gare. Le jeune Joseph Le Borgne travaille quelques heures dans un entrepôt de vêtements tenu alors par les Cochon-Quinet, dans la rue qui porte aujourd'hui son nom. Puis il suit les traces de son père en étant incorporé au personnel de la gare où il occupe la place de guichetier. Il vivait avec sa femme, Marie, au second étage de du 7 de la rue Brizeux, dans un petit appartement au-dessus du café Pastor. Chaque matin, il commençait sa journée à 4 h pour rejoindre la gare située en Plouguer et prendre son poste d'agent d'exploitation. Dès le début de l'occupation de l'armée allemande, il entreprit de participer à des actions de résistance et entra dans le réseau Johnny spécialisé dans le renseignement et les émissions radio. »

« Le 9 septembre 1941, vers 16 h 45, quelques clients sont attablés au café Pastor. À travers la vitrine du bar, la patronne observe la rue et remarque qu'une certaine agitation semble animer le quartier. Les passants vont et viennent à grands pas... Dans l'arrière-cour Joseph Le Borgne casse du bois pour préparer l'hiver qui approche. Au second étage, le radio du réseau, Jean Lamandé, passe des messages clandestins vers Londres. »

« Soudain, la rue se vide et dans le bar chacun apprend que les passants pressés n'étaient autres que des Allemands en civil occupés à encercler le quartier. Il est 17 h. Un officier entre et crie : « Qui est Joseph Le Borgne ? » « C'est moi », répond le résistant, qui est rentré, alerté par le bruit de la rue. Après une fouille systématique, les Allemands trouveront le poste émetteur que Jean Lamandé avait réussi à cacher dans un lit. Joseph Le Borgne et sa femme, Lisette Pastor, sa belle-soeur et patronne du bar, ainsi que le radio Jean Lamandé, sont arrêtés sur le champ. Ils sont conduits jusqu'à Guingamp où, après une longue attente, ils apprennent la découverte du poste émetteur. Puis le trajet se poursuit vers Broons. C'est dans cette gare qu'un accident ferroviaire blesse sérieusement Marie Le Borgne. Sans soins, elle suit tout de même le groupe où hommes et femmes sont séparés. Lisette Pastor est transférée à la prison de la Santé et Marie Le Borgne vers celle de Rennes. Jean Lamandé et Joseph Le Borgne sont envoyés à Fresnes. Le radio réussit à s'évader mais Joseph Le Borgne, lui, est fusillé en refusant le bandeau qu'on lui mettait sur les yeux. »

Joseph Le Borgne a été fusillé le 24 juillet 1942. Il y a 70 ans, jour pour jour. La ruelle qui porte son nom est perpendiculaire à l'avenue du Général-de-Gaulle.