🇫🇷ROSPORDEN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2026
1940
📍Date de la Commémoration :
📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : : A venir
📍Randonnée : : A venir
LES COMBATS
POUR LA LIBERATION DE ROSPORDEN
DU 6 JUIN AU 8 AOUT 1944
Rosporden fut l'une des premières villes de Bretagne à s'être libérée elle-même malgré importance des troupes allemandes qui y tenaient garnison le 4 août 1944. Mais pour cet «honneur», Rosporden paya un lourd tribut et notre ville peut être considérée à juste titre comme l'un des hauts lieux de la Résistance bretonne à l’occupation.
📍 Avant le débarquement des Alliés en Normandie trois Mouvements de Résistance organisés existaient et recrutaient leurs membres dans la région Rospordinoise, les groupes F.T.P. «Vengeance» et «Libé-Nord» dont le lieu de rendez-vous était dans une petite ferme de Coat-Morn, depuis l'été 1943. La Brigade de Gendarmerie, sous les ordres du chef RICO, était entièrement acquise à notre cause et nous aida beaucoup, surtout pour les liaisons, l'information et l'hébergement des patriotes. M. André SPRAUEL, du réseau C.N.D-Castille fut aussi un agent très actif.
📍 Le 6 juin 1944, le soir-même du débarquement, ces groupes prennent le maquis. Les F.T.P. à Rohantic en Elliant, «Vengeance» au bois de Beuzit en Kernével et «Libé-Nord» à Saint-Guénal en Elliant. Quelques sabotages sont faits sur les lignes téléphoniques, malheureusement les armes promises sont vainement attendues.
Le 15 juin, la Felgendarmerie de Quimper, conduite par un patriote arrêté le matin même, attaque le maquis de Rohantic composé d'une vingtaine d'hommes très faiblement armés. Nos camarades sont cernés, l'un d'entre eux décharge son fusil de chasse sur les Allemands puis s'abat criblé de balles. Un moment de flottement chez l'ennemi permet à quelques Résistants de s'enfuir mais sept autres sont faits prisonniers, torturés, puis abattus. Les fermes de Rohantic et Kerhalec sont pillées et incendiées. Dans l'attente des parachutages d'armes, l'ordre est donné aux F.F.I. de se disperser. Certains rentrent chez eux. Les Feld-gendarmes opèrent à des arrestations. On ne devait plus revoir deux des patriotes arrêtés.
📍 Dans la nuit du 9 au 10 juillet à Coadry en Scaër a eu lieu le premier parachutage annoncé par le message «Minute papillon bleu». Trois avions larguent leurs containers bourrés d'armes, des munitions et de vêtements. Un capitaine anglais, un capitaine français des F.F.L. et un sergent radio anglais le Jetburgh Team Gilbert, accompagnent les armes qui sont ensuite réparties entre les maquis de Guiscriff, Scaër et Rosporden. Nos trois groupes rospordinois rassemblés à Quillien (en Tourc'h), le 13 juillet, disposent enfin de fusils-mitrailleurs, mitraillettes, fusils et grenades, mais leur instruction au maniement de ces armes est à peine commencée quand se présente à eux la première occasion de s'en servir.
📍 Dans la nuit du 14 au 15 juillet un autre parachutage destiné aux F.T.P., dont le groupe de Scaër, est organisé à Coadry, au même endroit que le précédent. Dès le matin, les Allemands, qui ont été renseignés, recherchent le terrain de parachutage. Les F.T.P., environ 50 hommes, demandent l'aide et la «couverture» du maquis de Rosporden pour enlever les armes. Alertés, les garnisons allemandes du Faouët de Quimperlé, de Quimper et de Landerneau dépêchent à Coadry des commandos spécialisés dans la lutte contre les «terroristes». C'est finalement près de 1.200 Allemands commandés par un colonel, qui se déploient sur le terrain. Les maquisards de Rosporden ont rejoint ceux de Scaër auprès des fermes de Kernabat. Pour éviter l'encerclement, ils ont reçu l'ordre de repli, opération difficile, car l'ennemi intensifie ses feux.
Les talus sont heureusement nombreux et la végétation importante en cette saison. Plusieurs faits d'armes ont permis de retarder l'encerclement, notamment l'action foudroyante d'un groupe de Scaër situé hors de la tenaille et qui a pris à revers les Allemands. Cette diversion permet à l'essentiel de l'effectif des F.F.I. de se replier en direction de Coray. Il est 16h30 quand le décrochage est terminé, 18 de nos camarades ont été tués et le soir, le village de Kernabat et une partie de celui de Quillien sont incendiés. Les pertes de l'ennemi sont restées inconnues. Sous le commandement du Capitaine MERCIER, le «Bataillon du Maquis de Rosporden» s'organise au Moulin l'Abbé en Edern, puis établit son cantonnement dans les fermes de Kerroret et Treinvel, et Kerhern en Coray, toute en poursuivant l'instruction militaire, cette unité reçoit la mission d'encadrer le Jetburgh Team Gilbert et d'assurer la réception des parachutages afin d'armer les groupes voisins (Quimper et Concarneau).
📍 Le soir du 3 août, les Américains sont à Pontorson. Le message radio «le Chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec» parvient au capitaine F.F.L. qui transmet l'ordre d'engager le combat et de mener les opérations contre les Allemands.
Le 4 août, avant l'aube, à Rosporden, les sections des 3 compagnies du Bataillon sont postées près des bâtiments hébergeant les ennemis, et aux différents accès de la ville. L'attaque est déclenchée, la fusillade crépite, le déroulement de l'opération est contrarié par la présence en gare d'un train de matériel escorté par des militaires de l'organisation TODT et d'un autre train de 300 soldats allemands immobilisés par un sabotage de la voie ferrée à Kerrest, à 3 km de Rosporden. Les renforts allemands affluent de partout et la ville ne peut être tenue par les patriotes. Un sergent F.F.I. est tué sur la route de Pont-Aven par une patrouille de soldats russes au service des Allemands. Les représailles ennemies frappent Rosporden, deux civils sont abattus, 32 maisons sont incendiées, 28 otages (parmi une cinquantaine) sont emmenés dans des camions se dirigeant sur Lorient, 9 d'entre eux trouvent la mort à Quéven. Une colonne de camions allemands venant de Lorient, en renfort, heureusement anéantie près de Bannalec par l'aviation alliée alertée par radio. Sans cette intervention des aviateurs amis, Rosporden eût peut-être subit le sort d'Oradour-sur-Glane !
Le 5 août, à travers la ville martyre reconquise, après le départ des Allemands, les deux cents maquisards défilent jusqu'au Monument aux Morts. A l'issue du défilé quand les sections prennent position aux différentes entrées de la ville, une contre-attaque ennemie opérée par 13 véhicules blindés venant de Concarneau, relance le combat, sept hommes sont tués dont un commandant de compagnie et un chef de section, deux autres sont très grièvement blessés.
Le 6 août au matin, un convoi d'une quarantaine de camions allemands transportant des troupes depuis Saint-Brieuc se dirige sur Lorient. La compagnie du Lieutenant DE CARVILLE venue en renfort de Guiscriff intercepte ce convoi à l'ouest de Rosporden.
Après trois tentatives, l'ennemi, supérieur en nombre, réussit à forcer le barrage mais il est une nouvelle fois attaqué en plein centre de la ville. Après avoir subi des pertes sérieuses les Allemands reculent et prennent la direction de Concarneau. Le Lieutenant DE CARVILLE (F.F.L.) est tué ainsi que deux F.F.L., plusieurs autres sont blessés.
Le 7 août, vers 9 heures du matin, plusieurs camions ennemis venant de Concarneau, essaient encore de traverser Rosporden mais devant la résistance des Patriotes, ils doivent rebrousser chemin.
Le cauchemar est terminé, à la reddition de Lorient on devait apprendre que les Allemands se repliant vers cette ville avait reçu l'ordre d'éviter Rosporden.
📍 Le 14 août, le Bataillon du Maquis de Rosporden fait mouvement sur Concarneau pour participer au siège de cette ville que les 800 Allemands évacuent finalement par voie de mer dans la nuit du 24 au 25 août 1944. Deux noms de Patriotes devaient encore s'ajouter à la longue liste des morts pour la libération de notre pays. Une dizaine d'autres étaient blessés.
Jusqu'au 25 août les F.F.I., avec ou sans uniformes, étaient des volontaires sans contrats. Ils furent démobilisés entre le 7 et le 9 septembre 1944. Les plus âgés d'entre eux rejoignirent leurs foyers mais les plus jeunes s'engagèrent pour combattre sur le front de Lorient. Nous ne devons pas oublier nos amis de la Résistance qui se sont sacrifiés en combattant pour la Libération. Et sans entretenir la haine envers le peuple allemand, nous continuerons à honorer la mémoire de ces camarades.
Il nous appartient de léguer à la jeunesse contemporaine l'esprit de la Résistance afin qu'elle œuvre pour la Fraternité des peuples et pour que plus jamais, le monde ne connaisse les horreurs de la guerre.
A. RIVIERE

