🇫🇷CHÂTEAULIN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2026
Liens utiles :
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Sous l’occupation allemande (1940-1944), Châteaulin est occupée sans affrontements majeurs. Les importantes forces allemandes contrôlent les axes routiers et réquisitionnent bâtiments et logements. La population subit rationnement, pénuries et restrictions.
Date de la Commémoration : le 11 août 1944 le deuxième bataillon « Stalingrad », composé de 650 maquisards dispersés dans la région de Châteaulin, libérait la cité de l’Aulne après quatre années d’occupation allemande et avant l’arrivée des troupes américaines.
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F.F.I. - F.T.P.F.
SECTEUR MILITAIRE DE CHÂTEAULIN
Rapport du Lieutenant BERNARD,
Cdt le 1e Bataillon, au
Colonel BERTHAUD, S/C du Lieutenant LE GALL,
Cdt le Secteur de Châteaulin.
Il s'est créé depuis quelques jours un état de fait alarmant dû aux intempéries les Compagnies du 1er Bataillon en particulier sont très mal équipées et ne pourront résister plusieurs jours sous l’orage.
Les hommes ont des souliers éculés et portent des hardes. Rares sont ceux qui peuvent se protéger de la pluie.
Je demande en conséquence au Commandement de faire l'impossible pour remédier à cet état de choses dans les plus brefs délais.
P.C. Cast, le 23 août 1944.
Le Lieutenant BERNARD,
Cdt le 1er Bataillon.
Vu et transmis au Colonel Berthaud, pour suite à donner.
Châteaulin, le 23 août 1944.
Le Lieutenant LE GALL,
Cdt le Secteur.
CHÂTEAULIN DANS LA RESISTANCE
CHÂTEAULIN devait hélas ! voir arriver en 1940 les troupes allemandes, dont l'occupation devenait d'autant plus sévère que la Werhmacht considérait la ville comme un des points stratégiques de la région.
Au cours de la guerre, la ville subit une très forte occupation du fait de sa situation ferroviaire. C’est en effet par Châteaulin, plaque tournante du Finistère, que s'effectuait le trafic pour le ravitaillement des troupes de la Presqu'ile de Crozon et de la région de Carhaix. Pour l'assurer, de nombreuses troupes allemandes y tenaient garnison, ainsi que de très importants éléments de l'Organisation Todt. Le ciment, les matériaux nécessaires à la construction du mur de l'Atlantique pour les régions de Crozon, Camaret, Le Poulmic
où avait été installé un terrain d’aviation, transitaient par Châteaulin.
La présence de cette nombreuse troupe d'occupation, dont les exigences exacerbaient la population, et exaltaient ses sentiments patriotiques, entraîna la création de nombreux groupements de résistance.
Chacun d'eux eut sa mission propre. L'un «Le Front National» dirigé par M. ALBA, Ingénieur des Ponts et Chaussées, qui fut arrêté, déporté, et mourut en Allemagne.
Un autre «Libération-Nord» avait pour mission de renseigner les armées alliées sur les mouvements des troupes ennemies.
Un troisième dirigé par le Docteur VOURCH de Plomodiern s'occupait du rapatriement des aviateurs alliés contraints d'atterrir dans la région.
De nombreux Châteaulinois participèrent également au sabotage du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.).
A la suite d'indiscrétions criminelles, bon nombre de nos camarades du Front National durent prendre le maquis (maquis de Pen-ar-Pont).
Pour donner à leur action commune plus de cohésion, les groupements fusionnèrent pour former la Compagnie «DE GAULLE» et ses responsables entrèrent bientôt en rapport avec la mission alliée qui avait été parachutée.
Le 5 août, l'ennemi minait le pont. De son côté, la population effrayée, quitta la ville et nombreux furent les habitants qui allèrent camper aux abords du canal, du côté de Quimill.
Le 10 août, une patrouille de la Compagnie «De Gaulle» pénétrait dans la ville quelques heures après le départ des Allemands, tandis que BENEATE dit «Tonton Mile» et Sébastien DUVAL, aidés de quelques Châteaulinois, débarrassaient de sa lourde charge d'explosifs le pont routier, qui était tout prêt à sauter.
Le 11 au matin, le Bataillon «Stalingrad» libérait définitivement la ville, y établissait son quartier général, puis faisait occuper aussitôt de nouvelles positions face à l'ennemi replié dans la poche de Crozon.
Ainsi Châteaulin, après ces quatre années d'occupation, voyait enfin luire l'aube de la liberté.
Mais notre ville et sa région avaient payé un lourd tribut à l'occupation nazie. Nombreux furent dans les communes environnantes, les patriotes, morts au combat, torturés, fusillés ou morts en déportation.
Le 2 mai 1948, Châteaulin rendait un hommage solennel aux patriotes disparus. C'est ainsi que furent inaugurées différentes artères de la ville, portant les noms des résistants Châteaulinois, morts pour leur Patrie
LE QUAI EMILE BALEY
Emile BALEY adopta, en juin 1940, une attitude anti-Allemande. En janvier 1943, malgré les risques qu'il n'ignorait pas, il porta assistance à un groupe d'aviateurs alliés tombés à Lannédern. Arrêté par la Gestapo en avril 1943 et déporté. Il décéda le 15 décembre 1944 au camp de GROSS-ROSEN (Silésie).
LE QUAI ROBERT ALBA
Robert ALBA n'avait pas admis la capitulation de Vichy. Dès le début de 1943, il fut désigné comme responsable du secteur Centre du Finistère par le Comité du «Front National».
Arrêté en octobre 1943 par la Gestapo, il fut déporté en Allemagne, où il est mort avant d'avoir connu la libération du pays pour lequel il a combattu avec le plus grand mépris du danger.
LA RUE PIERRE JAFFRET
Pierre JAFFRET, mobilisé en 1939, blessé au front, dans la région de Montmédy, se trouvait en convalescence à Châteaulin au moment de l'invasion allemande. Il s'embarqua pour l'Angleterre et contracta un engagement dans les Forces Françaises Libres, le 1º juillet 1940 à Londres.
Le 13 juin 1944, il fut blessé une première fois à MONTEFIASCONE, en Italie, puis blessé à nouveau le 19 août 1944 à l'attaque du Mont Medon, dans le Var: il succomba à ses blessures le 21 août 1944, à St-Honoré.
LA RUE MARCEL MILIN
Marcel MILIN, réfractaire au S.T.O., pris le maquis. Il dirigea le 2 maquis F.T.P. de Bretagne, le maquis de «Pen-ar-Pont-Beuzit», créé le 12 octobre 1942. Il organisa de nombreuses actions contre des éléments de l'Armée allemande. Il participa à l'organisation de la résistance dans la région de Châteaulin et provoqua la réussite de quatre déraillements de convois ennemis. Capturé par surprise le 26 avril 1944, ainsi que ses camarades de combat, il fut dirigé sur la prison St-Charles à Quimper, puis transféré à Carhaix, centre de la Gestapo d'où il ne revint pas.
LA RUE JEAN GALES
Jean GALES entré le 12 septembre 1943 au maquis de SPEZET - ST-GOAZEC. A compter de cette date, il participa à toutes les actions de son groupe de partisans F.T.P.
Dans la matinée du 8 mars 1944, celui-ci était attaqué dans la région de Gourin, par des groupes de miliciens encadrés par la Feldgendarmerie. Jean GALES fut atteint d'une rafale de mitraillette. Avant de succomber dans un sursaut suprême, il eut assez de force pour saisir son arme et abattre l'Allemand qui se précipitait pour l’achever.
Furent également inaugurées, LA PLACE DE LA RESISTANCE et LE QUAI JEAN MOULIN.
Une autre victime Châteaulinoises de la Déportation, Louis KERNEIS, né en 1921 à l'Ecole Maternelle, dont la mère était la Directrice.
Il fut arrêté pour avoir participé à la destruction des documents du S.T.O.
Déporté, il mourut au camp de BERGEN-BELSEN, le 6 mai 1945.
L'Ecole Maternelle détruite par les Allemands avant leur départ de Châteaulin, reconstruite, porte le nom de Louis KERNEIS. Elle fut inaugurée le 23 septembre 1951.
Au Collège ST-LOUIS, d'autres résistants connurent la mort. Ils appartenaient au maquis du bois de Bodréec en Loqueffret. Ils furent arrêtés le 28 juin 1944, de même que Jean CAVALOC et son père, minotier à Lopérec et qui ravitaillait en farine les maquis du Nivot et de Bodréec. Ils connurent les pires tortures. François SALAUN, né à Forhan en Logueffret en 1922. François TOULLEC, né à Nestavel en Brennilis en 1924. Jean CAVALOC, né à Lopérec en 1922.
Ils furent condamnés à mort et amenés le 9 juillet à l'Hôpital Militaire Allemand établi à l'Ecole St-Louis de Châteaulin.
C'est là qu'une balle dans la nuque mit fin à leur long calvaire dans la nuit du 9 au 10 juillet 1944.
Puisse cette brochure rappeler, en particulier aux jeunes, le sacrifice suprême de nos Résistants, Déportés, Internés. La France se doit de s'en souvenir.
Hervé MAO,
Maire Honoraire.

