PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



Les combats du MENEZ-HOM
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 9 mars 2021


Voir sur le site : LITTOUX Eugène



Le 25 juillet, 50 jours après le débarquement, les forces alliés sont encore bloquées dans le Cotentin et en Basse-Normandie.

Le 26 juillet 1944, les Américains du Général PATTON crevaient le front allemand à Avranches. Au soir de cc jour, ils passaient au compte-gouttes sur le pont de Pontaubant, à portée de grenade des parachutistes allemands ..

Le général allemand qui commandait le front a écrit, il y a 10 ans, que s'il avait pu recevoir le renfort des parachutistes de RAMCKE, qui s'étaient mis en mouvement depuis l'Ouest de la Bretagne, il aurait cloué sur place et refoulé, sans doute, les forces américaines.

Que se serait-il passé ?

Sans doute, le destin de la guerre n'eût-il pas été modifié. L'Allemagne hitlérienne était déjà condamnée.

Mais nous savons qu'il s'en serait suivi un ou plusieurs débarquement à la pointe de Bretagne, c'està-dire des bombardements en tapis, si tragiquement connus. C'est-à-dire des morts par dizaines de milliers, des ruines amoncelées.

Or, depuis les premiers jours d'août, les chars américains étaient sous Brest, après avoir traversé la Bretagne sans pratiquement rencontrer les Allemands.

C'est que la Bretagne insurgée s'était levée. Pas une route, pas le moindre chemin, pas un pont n'était libre pour les soldats hitlériens. Des hommes presque sans armes avaient disloqué la machine de guerre éprouvée des Allemands et mis en déroute la tristement célèbre division de parachutistes du Général RAMCKE.

EINSENHOWER lui-même a dit que son plan de guerre fut avancé de 6 semaines.

Sans doute avons-nous eu des morts. Sans doute des femmes et des enfants furent-ils suppliciés par les barbares que d'aucuns voudraient réhabiliter, sans doute la trahison de quelques individus et en particulier celle de ces soi-disant autonomistes bretons d'alors qui avaient lié leur sort à HlTLER nous ont-ils coûté bien des drames, mais combien de vies sauvées !

Et quelle fierté d'avoir soi-même conquis sa liberté ! Quelle fierté de recevoir les soldats venus d'audelà des mers comme des compagnons d'armes qui se saluent et non comme des sauveurs attendus à qui l'on doit tout.

Voilà cette page que nous avons vécue, dite, sinon redite.


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Source : Michèle Le Bras
LE FINISTERE DANS LA GUERRE - 39 -45 - DEVOIR DE MEMOIRE -


Les anciens résistants du Menez-Hom.
Compagnie Richelieu.
A Cast le 15 août 1948.
Archive d'Yves L'Helgoualc'h.
1.Hervé Provost du Créach à Cast. 2. Jean Pierre Gestin de Mengleuz à Cast. 3. Jean Pennanéach de Kernaou à Cast. 4. Yves L'Helgoualc'h de Tréfry en Quéménéven. 5. Pierre Hascoët du Créach à Cast. 6. Jacques Hascoët de Bodennec Vras à Cast. 7. Louis Douérin de Plomodiern. 8. Joseph Bidan de Cast. 9. Pierre Coeur de Pouloupry à Cast. 10. Jean-Pierre Mauguen de Pouloupry à Cast.
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Source : https://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-20/page402/


Combats du Menez-Hom, août 1944


Mesdames, Messieurs, Mes anciens camarades de combats



Nous sommes réunis en ce lieu, pour la commémoration du 70 ème anniversaire de la chute du Menez-Hom, point fort de la défense Allemande de la presqu’ile de Crozon, où se tenaient, environ 12000 Allemands, sans compter les mercenaires, Caucasiens et autres

Le colonel EON, à la tête des Résistants, s’emploie à tenter de réduire la défense Allemande du 17 au 26 août, puis, à compter du 27 août avec le soutien des chars de la cavalerie US

Prennent position :
Le «bataillon « Normandie »,…. compagnies : Cartouche, Bayeux, Marat, Surcouf, Richelieu, ……et la Compagnie de Plonevez du Faou

A sa droite, le
bataillon « Stalingrad »,…… Compagnies : Châteaulin, De Gaulle, Ténacité, et Victoire, ce bataillon est commandé par le lieutenant, parachuté, « Equivalence », qui sera blessé le 28 août, et remplacé par le lieutenant Paul Bidauld, qui prend provisoirement le commandement

Arrivent également le bataillon »Bellan » de Quimper : 5èmè, 6ème, et 7ème compagnies, renforcé par la compagnie jean Simon du bataillon «  La Tour d’Auvergne » de Quimper

En retrait sur Ploeven, la batterie d’artillerie du capitaine Espern, rattachée au Bataillon »Angéli » de Quimper, entre en action le 19 août, avec ses canons de divers calibres pris aux Allemands

Cela fait environ 2000 FFI-FTP, ils ne seront jamais plus de 3000

Le 21 août, quelques véhicules blindés légers Américains arrivent dans le secteur du bataillon « Bellan » de Quimper, il s’agit en fait de reconnaissances légères dont fait état le commandant Philippot, ….destinés effectivement à se montrer pour faire illusion sur un soutien Américain ! ……..le soir, chaque soldat a un sac de couchage confortable, et dort sous la tente collective……tandis que nos hommes, en ligne, sont installés dans les fossés, avec parfois un peu de paille, mais aussi, bien souvent, dans un trou creusé dans la terre,….et…sans couverture !... « Les compagnies, très mal équipées ne pourront résister plusieurs jours sous l’orage » signale le lieutenant Bernard au colonel Berthaud au pied du Menez-Hom ; les chaussures, les vêtements sont en très mauvais état !

Le 22août, le colonel EON, s’est rendu de nouveau au PC du général Américain, pour insister sur l’envoi de chars et artillerie, pour renforcer les unités FFI-FTP, le général promet l’envoi d’un détachement de cavalerie motorisée sous 48 heures

« Les Américains arrivent enfin jusqu’à nous ! » signale la compagnie DE Gaulle ; ils font aussi une reconnaissance aux approches du Menez-Hom avec la compagnie Calloc’h ; ….de même source le 26 août, une colonne Américaine très importante avec autocanons et chars, s’avance vers la presqu’ile, semblant vouloir prendre position

Le colonel EON, installe son PC à Plomodiern le 27 août, les commandants Américains des deux colonnes en opération, pourront être joints : le lieutenant Anderson « aux 3 canards », le lieutenant Wilson à Dinéault

Ce dimanche 27 août, au début de l’après-midi, le commandant FFI- FTP, transmet l’ordre d’attaque générale pour la possession des crêtes du Menez-Hom. Avec nos armes légères, nous ne pouvons neutraliser mitrailleuses lourdes et mortiers…….l’unité américaine n’a pas bougée ! Elle pourrait pourtant, efficacement, neutraliser les armes lourdes……sans doute n’a-t-elle pas d’ordre ! Nous avons l’impression qu’il n’y a aucune coordination entre eux et nous…..la suite des évènements le démontrera d’une façon assez tragique !

Le 28 août, les combats se poursuivent sur l’ensemble du front….Le 29 l’équipe Jedburgh, parachutée en juillet et qui a participé à la libération de Concarneau, rejoint à Ploeven le PC du commandant Philippot

Il pleut le 30 août…….l’ordre donné aux Compagnies « Victoire », « Châteaulin » et « De Gaulle » d’occuper Keraliou, Cosquer et Kervili est reporté au lendemain……

Dans la nuit du 31 août et 1er septembre, le chef de la Cie « Richelieu » reçoit la reddition d’Allemands….il s’agit de 87 Russes dont 3 officiers, qui sont remis aux Américains

Le 1er Septembre, à 13 heures,….. Henri Birrien de Châteauneuf du Faou, plante le drapeau Français sur le sommet du Menez-Hom…………..Les Allemands sont partis……………


Nous les retrouverons plus loin…………………………………..
Je vous remercie

Eugène Littoux.




Le 25 juillet, 50 jours après le débarquement, les forces alliés sont encore bloquées dans le Cotentin et en Basse-Normandie.

Le 26 juillet 1944, les Américains du Général PATTON crevaient le front allemand à Avranches. Au soir de cc jour, ils passaient au compte-gouttes sur le pont de Pontaubant, à portée de grenade des parachutistes allemands ..

Le général allemand qui commandait le front a écrit, il y a 10 ans, que s'il avait pu recevoir le renfort des parachutistes de RAMCKE, qui s'étaient mis en mouvement depuis l'Ouest de la Bretagne, il aurait cloué sur place et refoulé, sans doute, les forces américaines.

Que se serait-il passé ?

Sans doute, le destin de la guerre n'eût-il pas été modifié. L'Allemagne hitlérienne était déjà condamnée.

Mais nous savons qu'il s'en serait suivi un ou plusieurs débarquement à la pointe de Bretagne, c'està-dire des bombardements en tapis, si tragiquement connus. C'est-à-dire des morts par dizaines de milliers, des ruines amoncelées.

Or, depuis les premiers jours d'août, les chars américains étaient sous Brest, après avoir traversé la Bretagne sans pratiquement rencontrer les Allemands.

C'est que la Bretagne insurgée s'était levée. Pas une route, pas le moindre chemin, pas un pont n'était libre pour les soldats hitlériens. Des hommes presque sans armes avaient disloqué la machine de guerre éprouvée des Allemands et mis en déroute la tristement célèbre division de parachutistes du Général RAMCKE.

EINSENHOWER lui-même a dit que son plan de guerre fut avancé de 6 semaines.

Sans doute avons-nous eu des morts. Sans doute des femmes et des enfants furent-ils suppliciés par les barbares que d'aucuns voudraient réhabiliter, sans doute la trahison de quelques individus et en particulier celle de ces soi-disant autonomistes bretons d'alors qui avaient lié leur sort à HlTLER nous ont-ils coûté bien des drames, mais combien de vies sauvées !

Et quelle fierté d'avoir soi-même conquis sa liberté ! Quelle fierté de recevoir les soldats venus d'audelà des mers comme des compagnons d'armes qui se saluent et non comme des sauveurs attendus à qui l'on doit tout.

Voilà cette page que nous avons vécue, dite, sinon redite.


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Source : Michèle LE BRAS

Michèle Le Bras
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En septembre 1994, Yves lit la presse locale et il est très déçu par l'article consacré à la commémoration de la libération du Menez-Hom, cinquante ans plus tôt.
Il adresse alors une lettre au journal pour donner sa version des faits et il y cite les noms de ses camarades déjà oubliés.
Ne recevant pas de réponse du journaliste, il décide alors de commencer à consigner ses souvenirs dans un cahier.
Dans la série d'articles qui va suivre, Yves nous raconte sa vie de clandestin à Kergoat, la peur qui ne le quitte plus et sa participation à la libération du Finistère.
"Une jeunesse gâchée" dit-il.
Lien vers l'article suivant :

https://www.facebook.com/groups/365144744745357/permalink/397431198183378/

Michèle Le Bras

La conquête du Menez-Hom en août 1944. Acte 1 Souvenons-nous. (1)
Le siège de la forteresse, commence le 12 août et va durer 20 jours. Les conditions météorologiques sont défavorables, les résistants dorment dans des fossés qui se transforment au petit matin en ruisseaux, après des averses nocturnes violentes.
- d'un côté (au moins) douze mille militaires allemands puissamment armés et retranchés dans la Presqu'île de Crozon, déterminés à défendre la forteresse du Menez-Hom.
- de l'autre, deux à trois mille (selon la date à laquelle on se place) très jeunes maquisards, mal habillés, mal chaussés, à peine formés, armés surtout de leur courage.
Au début du siège, deux bataillons encerclent le Mont : - Côtés nord et est, "Stalingrad" commandé par le Capitaine "SOE", Marcel Siche (alias Equivalence) et le Capitaine "FTP", Auguste Le Guillou, constitué des 4 Compagnies : "de Gaulle", "Ténacité", "Victoire" et "Châteaulin".
- Côtés sud et ouest, "Normandie", commandé par le Capitaine Jean Bernard (alias Egalité), constitué des 4 Compagnies : "Surcouf", "Bayeux", "Cartouche" et "Corentin Cochennec".
D'autres compagnies et groupes arrivent ensuite en renfort : Le groupe Kénavo de Plomodiern est présent le 17 août. Le Corps-Franc du Capitaine Dampierre, le Bataillon de Quimper commandé par le Capitaine Bellan et la Compagnie de Carhaix arrivent le 20. La présence de la Compagnie Richelieu est signalée le 22. Celles de "Normandie", du Huelgoat et de Berrien le 24.
Le 24, les Américains arrivent enfin sur place. mais ils restent en retrait du front et installent leurs pièces d'artillerie aux "Trois-Canards". Ils sont bien équipés et dorment sous la tente. Leur présence, repérée par les Allemands, a toutefois un impact sur le moral de ces derniers et a sûrement accéléré la fin des combats...
(1) Historique de la Bataille du Menez-Hom écrit par le Capitaine Jean Bernard.
A suivre ...Acte 2
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Michèle Le Bras
Acte 2 La conquête du Menez-Hom en août 1944. Souvenons-nous.
Le 26 août 44 Les résistants harcèlent les Allemands depuis déjà 14 jours, par leurs patrouilles de jour comme de nuit, les empêchant ainsi de venir se ravitailler dans les fermes des environs. L'étau se resserre sur eux.
Le 27 août, le tir d'un blindé américain sur Sainte-Marie du Menez-Hom fait fuir les Allemands et l'infanterie d'assaut du Bataillon Normandie, commandée par le sous-lieutenant Jean Ponthou (Compagnie Richelieu) prend le village, "sans coup férir".
Mais le terrain est miné.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard : "Et les Allemands se ressaisissent en tirant sur eux au mortier. Pendant son repli, le groupe de Jean Ponthou enregistre des pertes : 9 hommes sautent sur des mines et 3 sont grièvement blessés par éclats d'obus. Les morts et les blessés sont évacués par une ambulance américaine qui ose s’aventurer en première ligne. Jean Ponthou, bien que blessé, refuse de se faire évacuer. Le harcèlement des Allemands continue et les prisonniers capturés sont employés au déminage malgré les observations désagréables que ne manquent pas de faire de nous les Américains".
Témoignage d'un agent de liaison de la Compagnie Richelieu : "A Sainte Marie du Menez-Hom, sur notre aile droite, nous avons eu beaucoup de blessés : les tirs de mortiers et les mines ont fait beaucoup de ravages. Petit Claude, Guy Cornec, Guillaume Férec et combien d’autres se sont trouvés amochés. Roger Nédélec a pris Guy sur son dos. Arrivé à Ste Marie, il a trouvé Jean Coulloch qui, en brouette, l’a descendu à Plomodiern : drôle de Croix-Rouge" !
A suivre...Acte 3
https://www.facebook.com/.../permalink/2349531438628490/

Michèle Le Bras
Acte 3 La conquête du Menez-Hom en août 1944. Souvenons-nous.
Les prisonniers allemands :
Témoignage du Capitaine Jean Bernard : "Dans la nuit du 29 au 30 Août, vers quatre heures du matin, une compagnie entière de Russes, dont trois officiers, se rendent sans combattre au Lieutenant Henri Laouenan commandant la Compagnie Richelieu. Désarmés et allégés de leurs bottes, ils sont confiés aux Américains."
Témoignage d'un résistant de la Compagnie Richelieu présent cette nuit-là : "80 soldats Allemands, les meilleurs soi-disant, se sont rendus à Stang-ar-Vennig au Lieutenant. Ils avaient déposé leurs armes dans une fermette et, avec drapeau blanc, se sont rendus. Quel changement d’attitude, lorsqu’ils ont vu qu’ils avaient affaire à des « terroristes », eux qui croyaient se rendre aux Américains. Trop tard les amis ! Nous leur avons imposé les mains sur la tête. J’ai pour ma part choisi dans la bande un gradé et lui ai troqué ses belles bottes contre mes brodequins qui n’avaient plus de semelles. Ce n’était pas bien méchant … mais quelle gueule, ils faisaient ! Un groupe les a escortés jusqu’à Plomodiern".
Témoignage de Jean Hourmant : "Au cours de la nuit suivante, mes supérieurs me désignèrent pour monter la garde en compagnie d'un soldat Américain, sur la route menant du Ménez-Hom au village de Tol ar Braz. Il pleuvait. Vers 3 h du matin nous entendîmes un fort bruit de botte, marchant sur la route, qui nous a fortement inquiété. Nous vîmes alors s'avancer vers nous un long drap blanc que tenaient onze jeunes Allemands, manifestement désireux de se rendre aux Américains. Ayant compris le sens de leur démarche, nous nous rendîmes tous ensembles au PC, pour les remettre au lieutenant Laurent Le Guern. Observant la réaction de certains camarades éprouvés par l'offensive nazie, j'ai dû crier haut et fort que ces soldats, qui s'étaient rendus sans violence, soient remis aux Américains et traités comme prisonniers de guerre, ce qui eu pour effet de les épargner. Sur ordre des officiers nous encadrant, ces jeunes Allemands furent remis aux alliés Américains, mon frère Maurice (aujourd'hui décédé) qui parlait couramment leur langue étant en mesure de fournir les explications nécessaires. Ces Américains (qui n'avaient encore jamais vu de soldats Allemands) nous ont exprimé leur satisfaction, nous offrant des cartouches de cigarettes, des chewing-gums, du chocolat et des bidons d'essences. Avant de quitter le poste de commandement des Américains, je ne peux m'empêcher de me souvenir du regard de reconnaissance de ces jeunes Allemands qui ont vu la mort de très près. C'était de jeunes combattants de mon âge qui n'avaient pas eu d'autre choix que de participer à cette deuxième guerre mondiale. Je suppose que, si certains sont encore en vie, ils se souviennent de cette journée du 1er septembre 1944 et de celui qui a imposé sa loi leur permettant d'avoir la vie sauve. J'aurais été heureux de revoir au moins l'un d'entre eux. Malheureusement, c'était la guerre et je n'ai jamais eu aucun renseignement quant à leur identité."


A suivre ...Acte 4

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Michèle Le Bras
Acte 4
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Souvenons-nous.
L'artillerie du Porzay :
"Quelques artilleurs du Porzay ont mis sur pied une batterie FFI, sans doute la première de France. Le Capitaine Espern en prend le commandement, elle est en position à Ploéven (près de Keramporchet).
Le dimanche 27 août, il est 15H40, les hommes sont à leurs postes, la pièce de 155 est pointée et chargée "feu" !!! 14 secondes s'écoulent lorsque notre Capitaine nous crie "objectif atteint, continuez le tir". 20 poitrines poussent un hourrah ! de victoire : tous les 4 à 5 minutes 28 kg d'acier vont atterrir et éclater sur la côte 330 et cela jusqu'au soir.
Le lendemain (28), le 155 reprend son pilonnage avec la même précision, le Yed est copieusement arrosé : 2 coups au but ont été déterminants, l'un sur la génératrice électrique, l'autre sur le local de la radio, tous les deux pulvérisés.
Les FFI donnent l'assaut final, la bataille du Ménez-Hom se termine : elle est gagnée, nous poursuivons l'ennemi vers la Presqu'île.
Signé : Le Pointeur du 155 Corentin Blouet. Plonévez-Porzay" Le 30 août
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Les Allemands continuent à nous bombarder et à nous mitrailler pendant toute la journée du 30. Les blindés américains sont toujours aux « Trois-Canards ». Leurs canons effectuent des tirs sur 246, 299 et 320. L’aviation alliée intervient également mais le tir effectif à la cote 330 est réalisé par nos artilleurs qui placeront un tir magnifique sur la cote 330".

A suivre ...article 5.








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Michèle Le Bras
Acte 5 La conquête du Menez-Hom en août 1944. Souvenons-nous.
Le 1er septembre, Toutes les hauteurs sont conquises.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard : "Mais, dans la nuit du 31 Août au premier Septembre, d’incessantes actions de patrouille vont rendre la vie intenable aux derniers défenseurs de la cote 330 du Menez-Hom. La Compagnie du Huelgoat nantie de deux mortiers de 60, en liaison avec la Compagnie Cartouche, effectue une action de feu contre le Menez-Hom lui-même. Les derniers défenseurs sont délogés, permettant ainsi, pour le lendemain, la prise, sans un coup de fusil, des derniers éléments Allemands, plus morts que vifs et d’occuper sans perte la position fortifiée. La Compagnie Richelieu s’emparait de son côté des cotes 299 et 256 et y cueillait les derniers défenseurs de la position. Le lendemain 1er Septembre toutes les hauteurs étaient entre nos mains. Le groupe Kenavo ouvre alors le passage et les blindés Américains qui, trouvent le champ libre, foncent sur Telgruc, Argol pendant que le Bataillon Bellan de Quimper, axé sur St Nic, va à son tour, prendre une part très active à la Bataille de Crozon.
Témoignage d'un résistant de la Compagnie Richelieu : "Aussi, l’ascension a été décidée. Nous sommes partis aux environs de la route actuelle, qui, à cette époque, n’existait pas. J’étais avec le premier groupe, avec pour mission de revenir avertir le Lieutenant. Je ne me souviens que de Pierre Doaré qui, j’en suis certain, a été le premier là-haut. Après avoir constaté que le sommet était déserté, je suis redescendu rendre compte de ma mission. Je me trouvais à mi-parcours lorsque des avions américains ou anglais se sont mis à mitrailler le sommet. Certains disent qu’il y avait 2, moi j’ai toujours pensé qu’ils étaient 3. Ce jour-là Sainte Marie nous protégeait sûrement car il n’y a pas eu un seul blessé. Le Lieutenant (Henri Laouénan) en colère est monté là-haut."
Henri Birrien (membre du corps-franc du Bataillon "Normandie"), enfourche alors une moto (allemande), fonce au sommet et déploie un drapeau français. L'attaque de l'aviation cesse immédiatement. Il sauve ainsi la vie de ses camarades.








https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php…

Publié le 04 septembre 2006
Anciens combattants. Cérémonie du souvenir au Menez-Hom
Des cérémonies émouvantes, organisées par l'Anacr et les Amis de la Résistance, ont marqué, hier matin, la commémoration de la prise du Menez-Hom, emplacement-clé de la presqu'île de Crozon, face aux troupes allemandes, le 1 er septembre 1944.
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Henri Birrien et Eugène Littoux se sont souvenus du 1 e r septembre 1944 sur le Menez-Hom, où ils ont contribué, par leur assaut, à la victoire de la Résistance finistérienne sur les troupes allemandes. (Photo Pierre Grall)
Des cérémonies émouvantes, organisées par l'Anacr et les Amis de la Résistance, ont marqué, hier matin, la commémoration de la prise du Menez-Hom, emplacement-clé de la presqu'île de Crozon, face aux troupes allemandes, le 1 er septembre 1944. Les manifestations, au sommet du « Yed », à 330 m, dans un épais brouillard, et devant le monument élevé près de la chapelle de Sainte-Marie du Menez-Hom, ont été rehaussées par la présence de Henri Birrien, membre du corps franc du bataillon « Normandie », qui avait planté le drapeau français sur le Menez-Hom, à l'issue de l'assaut sous la mitraille et sur des pentes truffées de mines antipersonnel. Parmi les 200 personnes rassemblées, plusieurs participants à cette lutte acharnée face à des troupes aguerries se sont souvenus de ces moments dramatiques, de Ploeven à Trégarvan, qui devaient aboutir, le 19 septembre, à la capitulation du général Ramcke, à la pointe des Espagnols. Claude Bellin, maire de Plomodiern, a rappelé « le courage et l'audace de ces jeunes hommes à qui nous devons notre liberté ».









A suivre...Article 6
https://www.facebook.com/.../permalink/2350198761895091/


Michèle Le Bras
Acte 6 Menez-Hom Après le 1er septembre... Souvenons-nous.
Le Bataillon Bellan de Quimper continue sur Argol et Telgruc où il subit de lourdes pertes sous le terrible bombardement allié du 3 septembre.
Les deux Bataillons les plus éprouvés au Menez-Hom (Stalingrad et Normandie) sont relevés et peuvent enfin se reposer.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard : "Le 3 Septembre, le Bataillon Normandie quitte les hauteurs du Menez-Hom pour Telgruc où il demeurera encore 48 heures avant d′apprendre sa relève définitive du secteur de Crozon. Il rentre au repos à Châteauneuf-du-Faou où il procède, suivant les directives du commandement, à la constitution d’un bataillon type "RANGER"."
Le Bataillon Stalingrad se trouve à Châteaulin le 14 septembre où il est photographié par Jos Le Doaré.
La Compagnie Richelieu revient à son camp de base, le château de Tréfry (Quéménéven) pendant quelques jours, puis direction Châteaulin... Témoignage de son agent de liaison : " La Compagnie Richelieu a rejoint Tréfry. Nous sommes restés là quelque temps et avons profité d’un repos bien mérité. Les camarades sont rentrés chez eux et ont pu ainsi rassurer leurs parents qui, inquiets, dans l’angoisse même, voyant de chez eux, surtout la nuit, ce feu d’artifice créé par les balles traçantes, le grondement des canons et des bombes, se disaient : "est-ce qu’il va revenir ?" Après avoir pris des forces, nous avions deux cuisinières qui nous préparaient des bons plats, toujours en costume dépareillé, nous voilà partis pour Châteaulin. Pendant une dizaine de jours, nous avons séjourné dans des baraques situées à l’emplacement du Centre Leclerc d’aujourd’hui. Ces baraques étaient infestées de punaises. Ces sales bêtes, inconnues pour nous, ne s’attaquaient pas à tout le monde. Certains, au matin, avaient la tête qui avait doublé de volume. De Châteaulin, nous sommes partis à pied à Plonévez-du-Faou, où nous logions."
La plupart de ceux qui, du fait de leur jeune âge, n'ont pas encore fait de service militaire, signent un engagement jusqu'à la fin de la guerre. Incorporés au 118e RI, ils partent en novembre sur le front de Lorient. La guerre est loin d'être terminée.

A suivre ...acte 7





https://www.facebook.com/.../permalink/2350902605158040/

Michèle Le Bras
Acte 7
Le monument commémoratif inauguré le 23 septembre 1984 à Sainte-Marie du Menez-Hom.
Souvenons-nous
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A suivre...acte 8



https://www.facebook.com/.../permalink/2350906215157679/


Michèle Le Bras
Acte 8 70ème anniversaire de la libération du Menez-Hom. La commémoration du 26 août 2014. Souvenons-nous.
"Sainte-Marie du Ménez-Hom. Une cérémonie empreinte de gravité. Eugène Littoux, ancien combattant du Ménez-Hom au sein de la 3e Compagnie de Gaulle, 2e bataillon Stalingrad...
Samedi matin, à l'invitation de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance et amis du Finistère (Anacr), une centaine de personnes sont venues commémorer la mémoire des résistants qui ont contribué à la prise du Ménez-Hom fortifié, le 1er septembre 1944. La conquête du Ménez-Hom a notamment contribué à la libération de Brest, le 18 septembre, et de la presqu'île de Crozon le 19. Eugène Littoux, qui a pris part à la bataille du Ménez-Hom, a retracé cette période. Il faisait alors partie de la section spéciale des corps francs. Une unité où il a combattu et a été blessé, au sein de la 3e compagnie de Gaulle, 2e bataillon Stalingrad, dont faisait également partie Alain Le Bris, présent à cette cérémonie. Les vétérans ont rappelé que le Ménez-Hom était défendu par plus de 12.000 soldats allemands. Annie Friant, présidente de l'Association nationale des anciens combattants de la résistance et amis du Finistère (Anacr), a plus particulièrement mis l'accent sur le courage de ces hommes, mais également des femmes qui ont permis de revoir le drapeau tricolore flotter sur la côte 334.
Un devoir de mémoire à perpétuer
Claude Bellin, le maire de Plomodiern a, quant à lui, souligné que le sacrifice de ces hommes de l'ombre ne devait pas faire oublier que la paix est fragile, tout comme le député Richard Ferrand, qui a salué, « au nom de la Nation, le courage de ses femmes et de ces hommes qui ont permis à la patrie de retrouver la liberté et que ce devoir de mémoire devait servir dans la vie de tous les jours et pour les générations futures ». Bernard Guillou, dont le père est à l'origine, en septembre 1984, de l'édification du monument à la mémoire des résistantes et résistants de ce bastion, a remercié les autorités présentes. Pour cette cérémonie spéciale, le sous-préfet de Brest, Bernard Guérin, le colonel Éric Polaillon, nouveau commandant l'école de gendarmerie de Châteaulin et de nombreux élus avaient fait le déplacement, notamment le député Richard Ferrand, les maires de Cast, de Plomodiern, de Dinéault et de l'Ile-de-Sein. Sans oublier des porte-drapeaux des différentes sections du Finistère et d'un détachement d'élèves gendarmes de Châteaulin. Après le « Chant des partisans » et la « Marseillaise », interprétés par la chorale de l'Aulne, les autorités ont honoré les soldats morts au combat par un dépôt de gerbes, avant de se retrouver autour du verre de l'amitié."



Publié le 31 août 2014
https://www.letelegramme.fr/…/eugene-littoux-ancien-combatt…


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A suivre un dernier article numéroté 9...



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Michèle Le Bras
Menez-Hom - Dernier acte numéroté 9 Devoir de mémoire
Pour clore cette série d'articles, je souhaite rendre ici hommage à un résistant de l'ombre parmi tant d'autres : Yves L'Helgoualc'h (1922-2017). Agent de liaison du Lieutenant Henri Laouénan (commandant la Compagnie Richelieu), Yves commence à consigner ses mémoires dans un cahier, après avoir lu la presse en septembre 1994 (à l'occasion du cinquantenaire des combats du Menez-Hom). Déçu de ne pas y trouver les noms de ceux qui étaient en première ligne et d'y voir d'autres qui n'ont jamais tenu une arme (sic), il alerte mais ne reçoit pas de réponse. Yves est co-auteur de mes articles car son cahier de mémoires donne du relief aux récits officiels.
L'oubli guette maintenant les combattants du Menez-Hom : les acteurs survivants ne sont plus qu'une poignée. Certes la stèle de Sainte Marie rappelle aux passants cet évènement important pour la libération du Finistère... mais est-ce suffisant ? Restent les livres... mais, à ma connaissance, aucun ouvrage de synthèse sur cette bataille n'a encore été publié à ce jour.
Pour tous ceux qui souhaitent faire des recherches sur ce sujet, voici les sources qui m'ont été le plus utiles : - Les trois gros livres de Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand "Le Finistère dans la guerre 1939-1945". Editions de la CITE. Très détaillés avec des index par noms de lieux et de personnes. - La brochure publiée en 1984 à l'occasion de l'inauguration de la stèle de Sainte-Marie du Menez-Hom où figure le récit du Capitaine Jean Bernard sur le rôle du Bataillon Normandie au Menez-Hom. Tous ces ouvrages sont aujourd'hui épuisés, mais il est encore possible de les trouver auprès de vendeurs spécialisés en occasion.
Sur internet : attention à la fiabilité des données publiées. Les archives des journaux locaux sont intéressantes. Enfin, pour le Bataillon Stalingrad, les archives d'Auguste Le Guillou, publiées par son fils Bernard, sont incontournables et faciles d'accès. - Le pôle Jean Moulin : 
https://polejeanmoulin.com/page-28/page-135/ - Le blog de Bernard Le Guillou : https://bleguillou9.wixsite.com/archivesaleguillou Pour retrouver l'intégralité de mes articles sur ce sujet, cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à l'acte 1. A la fin de chaque article, un lien permet de lire le suivant.
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