MILLOUR ETIENNE

En souvenir d’Etienne MILLOUR par André LE CRAS

J’ai connu Etienne Millour en octobre 1936. Il était interne à l’E.P.S. de Concarneau, venant de Fouesnant, j’avais été reçu comme lui à l’examen du certificat d’études et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’Etienne au cours préparatoire de l’E.P.S. de Concarneau. Après son succès au brevet élémentaire, il entra au collège de Quimperlé.

Personnellement j’ai quitté l’école en 1941, car mon père gravement malade et alité ne pouvait plus travailler. J’ai donc remplacé mon père et pendant deux ans, j’ai chargé des wagons de pommes de terre à la gare de Concarneau et déchargé des wagons d’ engrais. En 1942 j’ ai rejoint le collège de Quimperlé où j’ ai retrouvé Etienne Millour. C’est en novembre que nous avons appris par la presse la mort de Pierre Guéguin qui fut notre professeur de maths à Concarneau. Le décès de Pierre Guéguin fut pour les anciens élèves de Concarneau un drame inadmissible.

C’est par Jean Yézou, originaire de Pont de Buis que nous avons eu le contact aux F.T.P.. C’est Pierre Le Rose qui nous a permis d’adhérer aux F.T.P.. La compagnie s’appelle Compagnie Sous-marin Curie. Le premier groupe fut formé au collège de Quimperlé. Il comprenait principalement des anciens de Concarneau. A Concarneau où j’allais fréquemment on forma rapidement un autre groupe de huit. Rapidement les adhérents furent immatriculés et dotés d’un nom de guerre.

Nous arrivâmes à nous doter de quelques pistolets récupérés sur des Allemands en goguette. Mais il a fallu le début août 1944 pour que le bataillon soit équipé d’armes diverses et de grenades. Ce matériel nous fut attribué par Tonton et c’est par un gros camion « récupéré » par les F.T.P. de Douarnenez que nous avons équipé le bataillon de Quimper.

Ces armes furent chargées dans une planque située dans les Monts d’Arrée. C’était vers le 08 août et avec quelques gars de Quimper que nous avons effectué ce transport. Nous avons fait le transport de Carhaix à Quimper sans voir un soldat allemand !. Ainsi le bataillon était parfaitement armé alors que nous n’avons jamais obtenu d’armes par le canal des F.F.I. de Quimper.
Bientôt, vers avril, nous nous trouvons dans l’obligation de recruter. De nombreux jeunes étaient requis pour le travail en Allemagne. Nous avons donc incorporé aux F.T.P. des gars offrant toute garantie. Les rendez-vous étaient très précis, ils étaient valables de H-5 à H+3. Les nouveaux F.T.P. étaient parfois mariés et pères de famille.

Nous avons pour faire face aux finances « visité » toutes les banques de Concarneau et des environs. Le record a été obtenu par le groupe de Clohars-Carnoët qui réussit à subtiliser plus de deux millions de francs à la Caisse des Marins de Clohars. Cet argent m’a été porté à mon domicile par deux agents de liaison et transporté à Quimper où Césaire Le Guyader était notre trésorier. En accord avec la gendarmerie, qui avait changé sa position, nous avons sur leurs indications effectué quelques descentes chez des collabos notoires. Nous avons aussi « récupéré » tout le stock d’une marchande de chaussures. Ce qui a permis d’équiper le maquis de Scaër, permettant ainsi à de nombreux maquisards d’être chaussés.
A. LC 28/03/2015
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Le nombre de F.T.P. allait croissant. Au printemps il y avait un détachement à Bénodet (2 groupes de 8) commandé par Mathieu Louédec, un détachement à La Forêt-Fouesnant (3 groupes) dirigé par Nono Jézéquelou, à Concarneau 3 groupes de 8, Mellac 1 groupe de 8, Clohars-Carnoët 3 groupes de 8 dirigé par le quincailler.
Au moment du débarquement la compagnie prend le nom de 5
ème Cie du Bataillon La Tour d’Auvergne qui comprend trois compagnies à Quimper, une compagnie à Concarneau-La Forêt-Fouesnant, une compagnie à Fouesnant-Bénodet. Nous avions à Concarneau un F.T.P. qui livrait son charbon dans un camion de trois tonnes environ.

Il avait le pseudonyme de Carbone. L’un des F.T.P. natif de la Ville Close savait que sous les remparts il y avait un dépôt d’essence appartenant aux marins. Une nuit tout le stock fut chargé dans le camion et dirigé sur La Forêt-Fouesnant où une fosse avait été creusée. Nous n’avons pas eu de problème de carburant durant la libération. Le chef départemental Bertaud qui ne nous a jamais donné d’essence, n’a jamais compris comment nous faisions pour rouler et engager des F.T.P. dans tous les secteurs de la libération du département.
En juin nous avons transporté le PC de la Cie à mon domicile. A l’écart de la maison d’habitation, mon père avait fait construire un petit hangar qui servait de porcherie. Nous nous sommes installés Etienne et moi dans le grenier de cette construction. On y accédait par une échelle que l’on enlevait la nuit.

Mais le 13 juillet, une agent de liaison nous porta un pli. Scaër réclamait huit F.T.P. pour le lendemain. Le billet se terminait par « je crois que la semaine prochaine tout le bataillon sera armé ». Etienne était le chef, il a tenu à être du nombre. Ce papier annonçait le parachutage de Coadry.
On connaît la suite....
voir aussi:
http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page3/styled-25/page437/index.html